Méthode, patience et globules blancs

8 avril 2020

Le confinement est un moment difficile pour les adeptes de grands espaces. Comment faire du sport en confinement ?
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Méthode, patience et globules blancs

8 avril 2020

Le confinement est un moment difficile pour les adeptes de grands espaces. Comment faire du sport en confinement ?
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Lorsque Roxana Marcineanu, notre actuelle Ministre des Sports déclare dans sa grande sagesse qu’ « être confiné à la maison (…) installé sur un canapé pour plusieurs jours, peut vite devenir problématique », elle ne s’adresse pas aux adeptes du tricot ou aux professionnels de League of Legends. Non, c’est un message direct aux adeptes des grands espaces et des longues virées sur les chemins boueux ; aux amoureux des petites routes et des larges paysages ; aux passionnés de bosses, d’obstacles ou de lignes droites. Oui, pour les motards et cyclistes, cette période de confinement sanitaire s’annonce vraiment problématique.

Si cette situation est inédite sous de nombreux aspects, cela n’est pas la première fois que notre espèce est confrontée à une épidémie mondiale. L’Histoire nous apprend même que le sport a joué parfois un rôle salvateur dans des circonstances similaires à celles que nous connaissons aujourd’hui.

Passons  les dernières épidémies du SRAS de 2003 et H5N1 de 1997 pour nous attarder sur une des plus grandes pandémies de l’Histoire : la grippe dite « Espagnole ». Apparue au Kansas (USA) en 1918, elle s’est répandue à la surface du globe à la faveur des mouvements de troupes américaines.

Le maigrichon « holistique »

C’est dans ce contexte que l’allemand Joseph Pilates a mis à l’épreuve de façon exemplaire sa méthode devenue célèbre.

Enfant rachitique, asthmatique et perclus de rhumatisme articulaire, le petit Joseph Pilates ne semblait pas vraiment destiné à faire des étincelles dans les stades. Mais le jeune allemand est doté d’une grande détermination. De père gymnaste et de mère naturopathe, l’entretien du corps ne lui est pas étranger. Fermement décidé à retrouver la santé, il étudie de près les animaux, leur comportement et leurs postures en milieu naturel. Malheureusement, l‘histoire ne dit pas de façon précise si c’est le frétillement du serpent à sonnette, l’équilibre du flamand rose ou le vol de galinette cendrée qui l’ont inspiré. Toujours est-il qu’il poursuit sa quête animale à travers les arts martiaux asiatiques, la gymnastique, la boxe, le yoga et même d’anciennes formes d’exercices grecs et romains.

Joseph Pilates à l'âge de 57 ans

Ses observations le conduisent à imaginer une approche globale (dite « holistique » pour les intellos) liant santé mentale et physique et pose ainsi les bases de sa méthode d’entretien et de fortification du corps.

En août 1914, il vit en Grande-Bretagne lorsque celle-ci entre en guerre. De nationalité allemande, il est fait prisonnier en tant qu’« étranger ennemi » dans un camp situé sur l’île de Man. Notre ami Joseph, au lieu de se morfondre au fond de sa cellule, met à profit cette période de confinement. Il commence par animer un petit atelier gym a destination de ses compatriotes auprès desquels il est bientôt proclamé « physiothérapeute ». Mais il ne s’arrête pas là, il démantibule des lits, en extraits les ressorts et élabore de véritables appareils de rééducation.

C’est quatre ans après son internement, en novembre 1918 que la grippe s’abat sur l’Europe, l’île où il se trouve n’est pas épargnée. Pour cause : les lieux où la place est limitée et les gens mal nourris sont particulièrement affectés mais chose étonnante : toutes les personnes ayant suivi la méthode développée par Joseph Pilates auraient survécu à la maladie.

Le prisonnier méthodique

Vite il me faut des muscles !

Dans un contexte différent, un autre jeune maigrichon a mis a profit une longue période de confinement. Ayant passé près de 19 ans derrière les barreaux des centres pénitentiaires les plus durs des USA, le détenu Paul Wade (pseudonyme) est passé du statut de gringalet a celui de molosse en remettant au goût du jour une vieille méthode suédoise du milieu du XIXe siècle  : les calisthenics. Là où les nordiques sautillent en groupe dans une ambiance conviviale, Paul Wade se la fait en mode solo coincé entre la cuvette des toilettes, les chaussettes de ses codétenus et les matraques des matons. Patiemment, il enrichit et densifie la base originelle pour en faire un programme d’entrainement efficace, sans matériel, à base d’exercices simples et un schéma de progression strict, qui permet d’acquérir rapidement plusieurs kilos de muscles ainsi qu’une force incroyable. Ici aucune machine, zéro poids en dehors de son propre corps, ça tombe plutôt bien quand on passe 95% de sont temps dans une cellule de 10m2. Moins traumatisant pour le corps que le Crossfit, la pratique des calisthenics est un équilibre savamment dosé entre contrainte et récupération destiné à optimiser l’adaptation de l’organisme.

L’Observatoire international des prisons dans Le nouveau guide du prisonnier résume très bien l’intérêt de l’activité physique dans l’univers carcéral : « La peur de voir son corps dépérir, l’importance de la force physique dans les rapports avec les autres détenus, le besoin de passer le temps, de se vider la tête et de dépenser une énergie inutilisée… ». En effet, Paul Wade explique systématiquement que sa démarche était pour lui une question de survie dans « l’enfer carcéral ». Il devait se construire rapidement un physique massif et fort afin de ne pas devenir la proie de ses codétenus

Pour une meilleure défense

Sans prétendre que la pratique du Pilates puisse sauver à lui tout seul les malades du COVID19 ou que les Calisthénics vous permettent de tenir votre belle-mère à distance, ces histoires nous rappellent le rôle primordial de l’activité physique pour l’amélioration de la partie « défensive » de notre organisme.

En effet, si l’activité physique régulière renforce les muscles, dessinant au passage une silhouette agréable, sa vertu primordiale réside dans le renforcement du système immunitaire : lorsque l’on bouge, notre organisme est plus en mesure de produire des globules blancs, première ligne de défense contre les infections. En clair : prendre soin de son corps, c’est lui donner toutes les chances de se défendre tout seul.

Attention néanmoins ! À ceux qui pensaient se ruer sur leur vélo d’appartement pour tenter de rendre leur sytème immunitaire invulnérable : une période d’entraînement intensif ou une séance d’exercices trop prolongée aura l’effet inverse, l’organisme sera momentanément affaibli et le risque d’infection augmentera ! Comme toujours, le secret réside dans la régularité et la persévérance.

" Les arbres qui sont lents à se développer portent les meilleurs fruits. "

Molière

Pour entretenir votre corps et bâtir un système de défense efficace, comme toujours, le secret réside dans la régularité et la persévérance. Tous les philosophes, d’Aristote à Bruce Lee, de Woody Allen à Cyril Hanouna sont d’accord sur ce point : la patience vient à bout de tout. Entre deux parties de croquet dans le parc du château de Versailles, Molière disait : « Les arbres qui sont lents à se développer portent les meilleurs fruits ». Que vous soyez du genre chêne, roseau, pommier ou même bonsaÏ, quitte à demeurer enfermés pendant encore de longues semaines, autant relever le défi de la persévérance et revenir dans les meilleures conditions pour la reprise. 

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