Deux enduristes et un Dakar

11 janvier 2023

Fabien Domas et Arnault Chardron se sont inscrits pour leur premier Rallye-raid sur le Dakar 2023. Enduristes endurcis, passionnés d’off-road, ils nous livrent leurs impressions.

Deux enduristes et un Dakar

11 janvier 2023

Fabien Domas et Arnault Chardron se sont inscrits pour leur premier Rallye-raid sur le Dakar 2023. Enduristes endurcis, passionnés d’off-road, ils nous livrent leurs impressions.

Fabien Domas et Arnault Chardron se sont inscrits au Dakar 2023. Ils ne sont pas professionnels mais des purs passionnés. Dans la vie civile, Fabien est le Directeur général de Voltadis, entreprise spécialisée dans la distribution et le transport de l’énergie et Arnault dirige une société de création d’espaces verts. Habitués des classics avec la Grappe de Cyrano ou encore l’Aveyronnaise, ces deux amis passionnés de moto off-road ont décidé de s’inscrire au Dakar 2023. Marc Bourgeois, Manager du Team Rallye Yamaha Racing, partage son regard de spécialiste sur leur expérience.

Vous vous êtes inscrits pour la première fois au Dakar cette année, vous vous êtes beaucoup préparés mais vous avez dû abandonner tous les deux suite à des chutes. Pourtant vous êtes loin d’être des débutants en offroad, car vous avez participé à de nombreuses courses d’enduro et notamment plusieurs classiques ces dernières années, comment analysez vous votre expérience ?

Fabien Domas : Une classique c’est environ 200 kilomètres par jour avec peu de vitesse, un rallye, c’est entre 600 et 800 km par jour et une vitesse deux fois plus importante.

Le nombre de kilomètres parcourus est énorme : le Dakar c’est 8000km en 15 jours, les risques sont permanents, cela en fait une épreuve très dangereuse si l’on n’est pas suffisamment préparé. 

Sur un rallye, les spéciales sont complexes, il y a beaucoup de facteurs à prendre en compte. Un bon enduite fera des bons chronos sur le spéciales mais c’est surtout la durée et le mental qu’il faut savoir gérer. Par exemple, dès le deuxième jour je remontais constamment et je me sentais extrêmement bien, j’avais vraiment le sentiment de faire corps avec la moto. En début de course, j’aurais dû réduire la vitesse pour en garder sous le pied. Mais j’ai continué de remonter et j’ai chuté. Je n’ai pas de blessure grave mais j’ai tout de même dû abandonner. Si je recommence cette aventure, je saurai quoi faire et ne pas faire.

Fabien (à gauche) et Arnault (à droite), au bivouac.

Arnault prêt à partir au guidon de sa Yamaha Ténéré 700.

Arnault Chardron : La pratique de l’enduro est pour moi assez récente (environ une quinzaine d’année). Les deux disciplines de l’enduro et du Rallye sont complémentaires mais n’ont pas la même philosophie. L’enduro « des classiques » est un sprint où le corps et le mental ne sont pas si importants comparativement au Rallye où chaque minute qui passe est un défi physique et une victoire sur un coup du sort.


Après une bonne préparation physique de plusieurs mois, j’ai entamé un début de course et de troisième journée plutôt sage avec un classement autour de la 90ème place. Puis j’ai chuté : un caillou a malheureusement mis fin à mon aventure. Résultat, un « soleil », une commotion cérébrale et de nombreux hématomes douloureux qui m’ont empêché de reprendre le départ.
Cette trop courte expérience me laisse un goût amer car j’étais dans le rythme sans fatigue ni prise de danger excessive.
Si je retrouve le budget pour 2024 je repartirai sur cette course folle où les paysages sont véritablement magnifiques.

 

Marc Bourgeois est Manager du Team Rallye Yamaha Racing

Marc, quel est ton point de vue sur l’expérience que viennent de vivre Fabien et Arnault ?

Le Dakar est un rallye qui demande beaucoup d’expérience et de roulage de préparation pour être capable d’anticiper la lecture du terrain et les changements atmosphériques mais surtout pour se connaître soi-même afin d’être capable de gérer ses limites.

L’expérience d’Arnault met en évidence la nécessité de bien lire le terrain, les cailloux, les dangers a priori invisibles.

L’expérience de Fabien montre bien l’excès de confiance que l’on peut avoir quand on est très bien préparé techniquement et physiquement, c’est une problématique qui rejoint la fixation d’objectifs et la distinction à faire entre performance et résultat. La performance peut se trouver déjà dans la capacité à rester sur le rythme que l’on s’était fixé au début de la course, même si le corps semble vouloir aller plus loin. C’est cela qui peut nous mener plus facilement au résultat qui est de terminer la course.

En tous cas, pour eux deux, il semble clair que cette expérience n’a en rien abîmé leur détermination, au contraire.

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